Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 15:26

1ère heure de cours avec des premières années (en fait, c'était hier, alors c'est tout frais, vous voyez).

Tu récoltes les toutes premières évaluations, le cours se passe bien. Les jeunes sont nombreux dans la classe.

Une bagarre éclate. Deux jeunes cons, c'est tout, de 18 et 17 ans. Des coqs qui se jaugent. Il y a du sang sur les poings, sur une bouche, et les tables sont en bordel.

Eh ben ça commence bien pour un début d'année!!!!

 

Là, toi, t'es la formatrice, il y a une autre formatrice avec toi en renfort, tous les apprentis de la classe, et ceux d'une autre classe encore (les apprentis sont de sales petits curieux). Et tu dis, Toi tu sors, tu vas au bureau, Toi tu te calmes, tu vas aussi au bureau, une minute après l'autre pour ne pas que vous soyez ensemble. Et puis on verra plus tard pour la sanction, contacter les employeurs, tout ça.

 

Sèche. Droite. Un peu dépassée quand même.

Eux, ils sont tremblants de nervosité et d'adrénaline. Et ils savent qu'ils ont débordé du cadre, et que maintenant ils vont sans doute prendre cher.

 

Et là, ce qui est juste dur, c'est de ne pas toucher ce mec en face de soi, prendre sa main, regarder si ça fait mal là où ça saigne. Poser la main sur le bras, apaiser. Dire, Hey, cool, mec, on redescend. On s'assied. 

Être comme j'ai envie d'être, comme je suis tout au fond, tellement maman, apaisante, enveloppante.

Repose toi, calme toi. Et tu parles si t'as envie de parler, mais honnêtement, je m'en fous de connaitre le pourquoi du comment. Je n'ai pas envie de te faire la morale.

 

On ne se comporte pas toujours comme on a toujours envie d'être. Il y a le cadre, ce pourquoi on est payée.

 

 

bagarre.jpg

 

 

 

Dans le même ordre d'idée...

Je suis doula. Une mère me confie ses difficultés avec son enfant, son mari, le cododo dur à gérer, cet enfant déjà grand qui prend tellement de place, elle qui ne travaille pas, cet homme qui ne trouve pas sa place.

Et là... Des fois tu n'es plus tout à fait doula, douce et non-jugeante. Tu es une femme qui se dit que la situation, elle craint du boudin parce que cette maman-là, elle n'a jamais pensé à laisser au père sa place de père, parce que son enfant, c'est trop tout pour elle et que si elle se foutait un coup de pied au cul pour participer au monde qui l'entoure, ça irait peut être mieux. 

Des fois, tu n'as plus trop envie d'être dans l'empathie et de comprendre.

Démerde toi.

 

Mais il y a le cadre, et ce pourquoi on a fait appel à vous, ce pourquoi on s'est formée.

On prend du recul. Tout ça, ce qu'elle me raconte, ce n'est pas ma vie. Ce sont ses choix, pas les miens. Il ne me faut jamais longtemps pour reprendre ma place, retrouver l'écoute en l'empathie et de ne pas penser à "ce qu'il faudrait" ou "ce que moi je ferais". Pour être avec la maman.

 

 

Et on est doula. Ou formatrice.

 

 

Je vous rassure, il y a de merveilleux entre-deux, des cas où on est juste à sa place. Ou de merveilleux moments où on se sent comblée comme doula, ou comme formatrice, à part entière.

Par margot la doula - Publié dans : Doula
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Samedi 17 septembre 2011 6 17 /09 /Sep /2011 08:53
Vous êtes déjà allé faire un tour sur ma page FB de doula?
Il y a des choses en plus qu'ici (et des choses en moins)... Des liens essentiellement, les derniers articles parus au sujet de la grossesse-des bébés-des mamans, etc. Et j'essaye d'axer le plus possible sur ce qui se fait par ici dans l'Aube (ou pas trop loin) (mais c'est pas facile). Si ces sujets vous laissent froids, je vous déconseille d'"aimer" la page, sinon je vais vite vous prendre le chou.

J'aime bien facebooker... C'est sans doute superficiel des fois, c'est aussi de la frime, du clinquant et du superflu mais c'est un moyen essentiel pour moi actuellement d'information et de communication.
(Et je ne twitte pas, désolée)
Un petit répertoire de mes incontournables:
Doulas de France (passke je suis doula)
Institut de formation doula de France (parsske je me suis formée en tant que doula)
Les tentes rouges
Martin Winckler (Mon grand gourou)
Le Corps des femmes (voir l'article juste précédent celui là)
Causette (un magasine que j'aimeuh)
Peres en question (c'est tout neuf et c'est pour les papas!)
Terriennes (bon, je suis un peu féministe, et alors?)
Creast'il ou elle (qui est douée aussi pour chouchouter les futures mamans)
Marylène (qui fournit le matos)

New fitness (nan, c'est une blaaaaaaaague, c'est juste que je vais dans ce club mais ça n'a rien à voir avec la choucroute)
La ruche qui dit oui (rien à voir non plus avec la maternité, mais un tel concept existe à Troyes, enfin ça se met en place et je trouve ça génial)

Par margot la doula
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Jeudi 15 septembre 2011 4 15 /09 /Sep /2011 15:08

Je tiens à vous parler d'un blog récemment créé (le premier article date du 31 aout 2011).

 

Vous connaissez peut être déjà The Shape of a Mother (la silhouette d'une mère), un site américain qui recueille des témoignages de mères. Ces mères se photographient et écrivent au sujet des transformations que leur corps a subi suite à leur grossesse. Les visiteurs (surtout des visiteuses) peuvent réagir, apaiser, féliciter, etc. 

 

Le concept a plus ou moins été repris en France, à ceci près que les témoignages ne sont pas forcément ceux de mères. Ce sont juste des femmes qui parlent de leur physique, de leur rapport harmonieux ou non avec leur corps ou avec un détail bien précis de leur corps. D'où, le titre du blog, Le Corps des Femmes. Il y a aussi une page Facebook sur le sujet.

 

lecorpsdesfemmes.jpg

 

Si l'envie vous prend de faire un tour... ca ne laisse pas insensible. Disons même qu'on se prend tous ces témoignages en pleine figure. Qu'on pense forcément à ce que nous, on pourrait ajouter, sur nous-même.

Ces témoignages font du bien aux femmes dans la mesure ou ça leur permet de "déposer" leur histoire, de s'en délester, et de prendre un certain recul. De pouvoir être fières de ce qu'elles racontent, de ce qu'elles ont traversé aussi.

 

Dans l'ensemble, et ça c'est un point de vue personnel, je trouve le ton assez noir. Les femmes entretiennent avec le corps une relation pour le moins compliquée. Les imperfections liées à la maladie, l'âge, la grossesse, le surpoids, ou les traumatismes pèsent beaucoup sur nos vies.

Une partie du blog renvoie à une sous partie, Le Corps des Hommes, qui reste à ce jour désespérément vide. Je pense que la vie des hommes est peut être moins déterminée parce qu'ils sont, physiquement. Ils sont sans doute plus jugés dans ce qu'ils font. Je ne sais pas. Je sens un grand fossé entre les deux genres sur ce sujet.

Les femmes "sont" avant tout leur corps, et elles se doivent plus de répondre à une certaine norme physique pour être acceptées et aussi sans doute pour s'accepter elles-même.

 

Les nouveaux témoignages sont évidemment toujours les bienvenus...

Par margot la doula - Publié dans : Lectures
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Mardi 13 septembre 2011 2 13 /09 /Sep /2011 23:08

Je travaille avec des jeunes, pas spécialement en tant que doula, mais dans mon autre boulot. Avec de jeunes mecs pour la plupart, mais aussi avec quelques jeunes filles.

J'ai eu l'occasion, par leur biais à elles et aussi à d'autres occasions d'être confrontées aux "grossesses des adolescentes" (ou très jeunes adultes).

 

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'à chaque fois ça fait tout une histoire. Parce qu'elle est trop jeune, parce qu'elle ne va pas assumer, un enfant ça coûte cher, et d'abord est-ce que tu crois qu'il est voulu, ce bébé?

Alors oui, avoir un enfant jeune c'est parfois ne pas pouvoir l'assumer financièrement. Mais la plupart du temps, si. L'un des deux parents travaille le plus souvent. Et tous les deux comprennent rapidement la charge que constitue un enfant et la responsabilité qui va être la leur.

Oui, ces enfants ne sont des fois pas planifiés. Mais ils sont là quand même. Et ils sont quand même aimés. Beaucoup de femmes connaissent une grossesse non planifiée au cours de leur vie. Ça n'en fait pas des irresponsables incapables de prendre correctement une pilule.

 

Je suis aussi d'accord pour dire que certaines jeunes filles se mettent plus ou moins volontairement dans une situation très compliquée par besoin de reconnaissance, par manque dans leur vie, par je m'en foutisme.

Vous n'en connaissez pas des comme ça, qui ont 25 ou 30 ans? Je veux dire, il y a un âge pour avoir un problème dans sa tête ou pour faire des enfants sans maîtriser tous les tenants et les aboutissants du problème? On accuse les jeunes de mal maîtriser leur contraception, mais la plupart des IVG auxquels j'ai été confrontés ont été menés par des femmes "adultes", qui avaient souvent déjà un enfant...

 

Je pense surtout en général que tout le monde gagnerait à regarder ses propres affaires.

On a tous fait nos enfants de façon égoïste, c'est à dire pour nous, parce que nous on voulait un bébé. On a toutes lamentablement foiré un truc dans l'histoire, pendant la grossesse ou après. La mère parfaite, elle n'existe pas. Ou alors je ne l'ai pas encore rencontrée (ça viendra peut être).

 

Je ne pense pas que ce soit une bonne chose de faire un enfant forcément "jeune". Pas plus que de le faire forcément "vieille". Je pense juste que je n'ai pas mon mot à dire. Quand une femme est enceinte, c'est juste une femme enceinte, qui porte son projet, son bébé, ses espoirs, ses gros doutes et tout ce qui fait qu'elle n'est "pas encore prête" à être maman. Personne n'est jamais tout à fait prêt, n'a jamais tout réglé dans sa vie, n'a jamais un double revenu absolument assuré pour les 20 années à venir.

Je salue le courage de ces miss, qui en plus de tous les soucis qu'entraine la mise au monde d'un enfant, on eu le courage d'affronter le regard des autres.

Par margot la doula - Publié dans : Doula
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